« Mon amour brûle pour vous, paysage austère d'une cause perdue. J'ai laissé les molles merveilles qui ont fini par émousser ma sensibilité. Les filles les plus jolies sont armées de cuirasses, et je n'ai pas besoin de tant d'artifices pour servir la cause amoureuse. Et c'est en médiocre serviteur que je vous fait cadeau de ma sincérité, de mon humilité, et de mon honnêteté.
Il n'y a point en ce monde aisé, de meilleures choses qui puissent, enfin, faire battre mon coeur harassé. Vous êtes ma tendre aimée, celle qui à jamais je confierai ma vie et ma foi pour l'éternité. Votre âme à le goût de l'esthète, votre visage la rudesse du roc, et la froideur de l'hiver se reflète dans vos prunelles. Votre physique sans éclat n'est que désert de pierres et de roches. Ce désert a séché votre coeur, et de peur de le briser, il me faut mille précautions pour le manier. Cela rend votre amour fragile, humble et sensible, et me fait m'élever au plus haut sommet, afin de servir la couronne de votre tête déchue. Vous, princesse de poussière, dont le pouvoir ne s'étend point au delà des ronces et des orties, votre faciès attristé est bien amer, mais il est pour moi un miel nouveau.
Oubliez les rigueurs de la simple raison, le temps de cet amour, si particulier j'en conviens. Je vous aime ainsi que vous êtes, et parce que vous êtes ainsi. »